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« Je revendique le droit de dire haut et fort que « oui », nous faisons un métier formidable mais que « oui », il est épuisant, physiquement et émotionnellement ! »

 

 

2 ans de métier, 2000 biberons donnés et… 5 500 abonnés ! Lilymyrille est assistante maternelle/ bloggueuse. Sur son blog, sa plume est à l’image de son caractère (bien trempée). Elle raconte son quotidien, donne des conseils de pro ou partage ses meilleures recettes ! Rencontre avec un sacré brin de femme.

 

 

1.Quelles sont les problématiques auxquelles vous devez faire face au quotidien ?

 

Les problématiques viennent souvent des parents ou de l’administratif : les retards, les imprévus, justifier son salaire, réclamer son salaire, entendre des réflexions comme « vous êtes trop cher ! » Il y a aussi les exigences pmi, le manque de collègues de travail, l’isolement…

 

2. Quel est le comportement à adopter face à un enfant difficile ?

 

Je n’utiliserai pas l’expression d’ « enfant difficile » mais d’ « enfant face à des difficultés ». Premièrement, je dialogue avec les parents car il est essentiel d’être sur la même longueur d’ondes pour venir en aide à l’enfant. Ensuite, je m’adapte dans ma façon de travailler, d’accueillir, en fonction de l’enfant bien sûr mais tout en gérant mon petit groupe. Parfois malheureusement, aucune solution n’est trouvée.

 

C’est-à-dire ?

 

En janvier dernier, j’ai dû démissionner car nous n’étions pas d’accords avec les parents concernant le rythme de leur enfant. Il est important en tant que professionnelle, de se préserver également. Pour détailler, j’accueillais un bébé sans aucun rythme sain à la maison (coucher à 23h, 4 biberons de sucre dans la nuit, pizzas/nuggets à 8 mois, écrans). Les journées chez moi étaient très difficiles : il était en manque de sucre et d’écran, c’était terrible ! J’ai tout tenté pendant trois mois : informer les parents sur le rythme d’un bébé, son alimentation… Mais sans changement de leur part, j’ai préféré cesser le contrat, car j’étais épuisée physiquement et moralement par les pleurs. J’ai aussi vécu un harcèlement moral avec des appels et des sms pendant mon repos, le soir, la nuit, le week-end. Traumatisant.

 

N’avez-vous pas eu envie de tout arrêter ?

 

Si. J’ai de nombreuses fois, douté de moi et j’ai même été proche du burn out, mais étant relativement persévérante, je me suis accrochée. Je parle souvent de fatigue sur Instagram, et je revendique le droit de dire haut et fort que « oui », nous faisons un métier formidable mais que « oui », il est épuisant, physiquement et émotionnellement. J’ai reçu deux messages me disant d’ailleurs de me reconvertir car je levais ce tabou sur la fatigue professionnelle… Mais il s’agit d’un fait avéré : le personnel travaillant avec de jeunes enfants est souvent éreinté même si nous sommes passionnés par ce que nous faisons. Et c’est d’ailleurs également le cas pour les aides-soignantes, les infirmières le personnel travaillant en Ephad… Oui, nous adorons et avons choisi notre métier, mais parfois, nous craquons. C’est humain. Il est d’ailleurs très important de garder cette dimension humaine dans cette branche professionnelle, quand la société voudrait faire des futures générations des parfaits petits robots… Craquer devant un enfant, c’est aussi lui montrer qu’on est humain et qu’exprimer ses émotions est très important pour se construire.

 

En termes d’activité, comment faites-vous pour vous renouveler ?

 

Je ne suis pas sans cesse dans les activités car le jeu libre est aussi très important pour moi. J’adapte mes activités en fonction du besoin de l’enfant. Par exemple, mes deux plus grands ont énormément besoin de se défouler : nous dansons et nous sortons un maximum dehors (3h par jour minimum aux beaux jours). Je les écoute et je leur fais confiance dans l’avancée de leur apprentissage. Je ne force en rien, je propose ce qui est susceptible de leur plaire et je m’adapte.

 

La différence d’âge entre les enfants n’est-elle pas un problème ?

 

Actuellement, j’accueille quatre enfants : 9 mois, 12 mois, 20 mois, 30 mois. Chacun apporte quelque chose à l’autre. Les grands stimulent les bébés, et les grands apprennent la douceur et la patience avec eux. L’équilibre de mon petit groupe est très important, je souhaite que chaque enfant ait sa place. J’ai de très belles relations qui naissent. Lou et Blanche que j’accueillais l’année dernière sont toujours de très bonnes amies, et se voient toujours. Actuellement, mon petit G. et ma petite M. ne se quittent plus, câlins, bisous à gogo, ils sont très complices ! E. qui a 9 mois a grandi avec eux toute cette année, et est couverte d’attentions par les plus grands ! Ils la câlinent et ils lui remettent aussi sa tétine lorsqu’elle pleure… C’est très touchant. Pour moi, la clé d’un accueil réussi c’est un équilibre entre tous malgré des éducations différentes !

 

6. Vous est-il arrivé de refuser la garde d’un enfant parce que le courant ne passait pas avec les parents ?

 

Oui, j’ai déjà refusé plusieurs contrats pour les raisons suivantes : réflexions sur mes tarifs, réflexions sur ma vie personnelle (si je comptais tomber enceinte), une trop grande aisance chez moi (mes employeurs ne sont pas mes amis), des horaires trop compliqués (je n’accepte pas les journées coupées, et je travaille maximum de 7h à 19h, j’ai déjà eu des contrats jusqu’à 20h30 auparavant, c’est épuisant) …

 

7. Vous vous occupez d’enfants qui sont en âge d’apprendre à être propre. Comment cela se passe-t-il ? Quelles sont vos méthodes pour l’acquisition de la propreté ?

 

Je consacre un article à ce sujet dans mon blog.

https://lilymyrtille.blogspot.com/2018/07/proprete-chez-lenfant-mes-astuces-de.html

 

8. A quoi ressemble une journée type de Lilymyrtille ?

 

Je consacre également un article à ce sujet dans mon blog.

https://lilymyrtille.blogspot.com/2019/01/une-journee-chez-une-ass-mat.html